PremiumToiture

Plus qu'un gadget: le déploiement de drones lors des inspections de toitures

Conseils relatifs à l'utilisation des drones dans la construction

terradrone services
Les drones permettent de prendre des photos ordinaires, mais aussi des images thermographiques et 3D (Photo: TerraDrone Services)

Les drones font désormais partie intégrante de notre paysage. Dans le secteur de la construction aussi, ils sont passés du statut de gadget à celui de véritable outil professionnel. Leur utilisation se développe notamment pour l’inspection des toitures. Mais concrètement, à quoi peut servir un drone aujourd’hui pour un couvreur? Et dans quels cas est-il pertinent de le piloter soi-même? Dans cet article, vous découvrirez quels types de drones sont adaptés à l’inspection, à la thermographie et aux relevés 3D, quelles sont les règles à respecter et les risques à prendre en compte, ainsi que les situations où il est préférable de faire appel à un spécialiste externe.

Emma Macker - 24 avril 2026

dakinspectie met drones
Les inspections visuelles font souvent partie des contrôles périodiques, ou après des fuites ou des dégâts causés par une tempête (Photo: KDS dak en gevel)

Inspection du toit

Détecter les fuites, contrôler les raccords en plomb, inspecter des points sensibles comme les gouttières pendantes ou les chéneaux encaissés: autant de tâches courantes pour un couvreur lors d’une inspection de toiture. Cependant, toutes les inspections ne se valent pas.

Une inspection visuelle se concentre sur les défauts ou risques apparents, souvent à la suite d’une fuite ou de dégâts causés par une tempête. Elle s’inscrit également dans le cadre d’un contrôle périodique et permet d’obtenir rapidement une vue d’ensemble des réparations à prévoir. Une analyse de la toiture va plus loin: elle évalue l’état global de la couverture, la condition des matériaux et leur durée de vie restante.

"Grâce aux drones, on obtient des mesures très précises car on accède à des endroits inaccessibles autrement" - An Warrens

Souvent, un couvreur doit monter physiquement sur le toit, mais ce n'est pas toujours possible ou sûr. "Dans la pratique, l'accès doit être assuré par une grue avec nacelle ou une nacelle à ciseaux", explique An Warrens, directeur commercial de KDS dak en gevel. "Mais cela implique un coût élevé pour une inspection. Bien que l'on puisse regarder par une fenêtre de toit, on ne peut pas voir l'ensemble de la toiture.

"Dans le cas d'un toit en pente, l'accent est mis sur les points critiques tels que les gouttières suspendues ou les gouttières en caisson, afin de détecter les fuites ou les obstructions", explique Mme Warrens. "Aux raccordements avec les pignons ou avec la cheminée, on vérifie si le plomb est toujours en bon état. Les raccords en plomb doivent également être vérifiés lors de l'inspection d'un toit plat, de même que la couverture et les coutures. "Pour cela, il faut surtout regarder dans les coins et au niveau des trous de coulée", précise Mme Warrens.

Gain de temps et sécurité

Les toitures peuvent être complexes — avec de nombreux recoins — ou tout simplement difficiles d’accès pour une inspection physique. C’est précisément dans ces situations que le drone se révèle particulièrement utile. En survolant et en contournant le toit, il offre une vue d’ensemble claire de son état. Le recours à des échafaudages ou à des grues devient alors inutile, ce qui permet à la fois de réduire les coûts et de gagner un temps précieux.

Les drones peuvent également faciliter l'établissement des devis. "Nous effectuons nos relevés à l’aide de drones, qui permettent ensuite de générer un modèle 3D. Cette méthode offre une grande précision, car le drone accède à des zones difficiles, voire impossibles à atteindre autrement. De plus, la documentation détaillée permet d’éviter toute discussion ultérieure."

dak met veel hoeken en kantjes
Le drone est un bon outil pour l'inspection des toits complexes (Photo: KDS dak en gevel)

Mme Warrens précise qu'il s'agit d'une histoire de "et" et de "et". "Par exemple, les drones ne peuvent pas voir s'il y a de l'amiante dans la sous-toiture, car pour ce faire, il faut soulever une tuile", explique-t-elle. "C'est pourquoi il faut toujours une personne experte sur place. Le drone ne permet donc pas d'exclure ou de déterminer n'importe quoi. Il permet surtout de gagner du temps, de rendre les devis plus efficaces et, surtout, d'améliorer la sécurité du couvreur.

Plus qu'un gadget

Les catégories

"Quiconque fait voler un drone crée un risque. L'importance de ce risque détermine la catégorie dans laquelle vous vous trouvez - définie par la législation européenne", explique Rob De Roo, expert en matière de drones, chargé de cours et coordinateur de la formation du Bachelor's Drone Application à l'école supérieure de sciences appliquées VIVES. Ce risque est accru par le poids du drone, car plus le drone est grand, plus il est lourd et plus il comporte de risques.

La principale catégorie dans laquelle se trouve un couvreur lors d'une inspection par drone est la "catégorie ouverte". Cette catégorie est également connue sous le nom de "buy-and-fly" (acheter et voler). L'utilisation d'un drone présente peu de risques et nécessite un nombre limité de permis", explique M. De Roo.

"Quiconque fait voler un drone crée un risque qui détermine la catégorie dans laquelle il se trouve" - Rob De Roo

Dans la catégorie ouverte, l'altitude maximale de vol est de 120 m au-dessus du sol. Il est également important de toujours garder le drone en vue et de ne pas transporter de marchandises dangereuses ni de laisser tomber d'objets. Le drone doit toujours porter le marquage CE avec la classification Cx (C0-C3). Il s'agit des exigences techniques auxquelles le drone doit répondre. La catégorie ouverte comprend trois sous-catégories, mais nous y reviendrons plus tard.

Pour les couvreurs, la "catégorie spécifique" peut également être pertinente, par exemple si un drone nettoie des toits. Le risque plus élevé nécessite une formation et une licence supplémentaires, ce qui est plus exigeant sur le plan juridique. Cela permet au couvreur d'effectuer des opérations plus complexes, telles que le vol hors de portée visuelle. Évitez cette catégorie si elle n'est pas nécessaire. La "catégorie certifiée" s'applique aux opérations à haut risque, mais pas aux couvreurs.

Êtes-vous assuré?
Il arrive parfois qu'un drone percute une voiture ou des câbles électriques, par exemple. Le vol d'un drone comporte des risques. En tant qu'opérateur, il est donc impératif d'être assuré. Dans la catégorie ouverte avec un poids maximal au décollage inférieur à 20 kg, vous devez disposer d'une responsabilité civile pour les dommages corporels et matériels causés à des tiers.

Types de drones et accessoires

Le choix d'un drone dépend fortement de l'application. "Il faut d'abord déterminer ce que l'on veut voir exactement. Ensuite, vous choisissez le capteur dont vous avez besoin, ce qui permet de déterminer la taille du drone", explique M. De Roo. Pour les inspections de toits classiques, un drone multirotor léger de 250 g ou 900 g est souvent suffisant. Ces appareils entrent dans la catégorie ouverte, plus précisément A1 ou A3. Parce qu'ils sont petits et légers, ils peuvent en pratique être déployés plus près des bâtiments. En outre, ils peuvent décoller verticalement et rester en vol stationnaire sur place, ce qui est idéal dans les environnements bâtis.

een multirotor drone
Un drone multirotor possède plus de deux rotors ou hélices

Pour les inspections thermographiques, on choisit généralement un drone plus lourd. "Cela s'explique par le fait que le drone est souvent équipé d'une caméra ordinaire et d'une caméra thermique", explique M. De Roo. Un drone multirotor convient également, mais pour les projets plus importants, comme l'inspection de plusieurs toits ou de vastes sites, un drone à voilure fixe peut également être utilisé. En effet, un tel aéronef miniature a une durée de vol plus longue, mais il a besoin d'une piste d'atterrissage. De plus, les drones à voilure fixe sont plus lourds, ce qui vous place dans la catégorie ouverte A3 (jusqu'à 25 kg) ou dans la catégorie spécifique.

Si vous souhaitez réaliser de la photogrammétrie avec un drone et créer un modèle 3D, un drone multirotor suffit généralement. En revanche, pour atteindre une précision millimétrique, il faut se tourner vers des équipements spécialisés, dont l’investissement peut rapidement atteindre les 20.000 euros.

Ce qu'un pilote de drone professionnel fera autrement

Préparation du vol

Une inspection de drone réussie commence par une bonne préparation. Tout d'abord, vous vérifiez que votre drone est légalement en règle: la licence de pilote correcte (A1, A2, A3), l'assurance et l'enregistrement. Pour obtenir une licence de pilote dans les sous-catégories A1 et A3, vous devez suivre une formation et passer un examen gratuit en ligne. Pour les opérations A2, il faut passer un examen théorique physique supplémentaire dans une école de pilotage de drones. Si la formation pratique n'est pas obligatoire, elle n'est pas pour autant un luxe, ajoute M. De Roo.

vliegen met drones
Lorsque vous volez, gardez à l'esprit la force maximale du vent à laquelle le drone peut résister (Photo: toit et façade de la KDS)

Si les catégories indiquent la hauteur à laquelle vous pouvez voler, il existe des endroits où il est interdit de voler ou qui sont soumis à des exigences ou à des limites supplémentaires. Ces endroits sont également connus sous le nom de "géo-zones". Pensez aux zones aéroportuaires, aux ports, aux prisons ou aux domaines militaires. Consultez donc toujours les exigences spécifiques sur l'application belge Droneguide avant le vol. Voler dans une zone interdite, sans enregistrement ou sans licence, peut vous valoir une amende pouvant aller jusqu'à plusieurs milliers d'euros.

De plus, vérifiez toujours les prévisions météorologiques avant de faire décoller votre drone. Le vent et la pluie peuvent avoir de graves conséquences pour le drone. Le manuel du drone indique la force maximale du vent que le drone peut supporter. Gardez cela à l'esprit.

"Un drone n'est pas un jouet. Il est important d'apprendre à le piloter avant de l'utiliser pour réaliser des inspections" - Michiel Naert

Cela peut sembler évident, mais pensez à effectuer régulièrement les mises à jour. Vérifiez également l’état général du drone afin de détecter d’éventuels dommages visibles et assurez-vous que les batteries sont bien chargées avant chaque intervention. Si plusieurs opérateurs utilisent le drone au sein de votre entreprise, il peut être utile de tenir un carnet de vol. Celui-ci permet de suivre les heures d’utilisation et de consigner d’éventuels incidents ou dégâts.

Vie privée
Pendant le vol, un drone prend des photos ou des vidéos. Le simple fait de regarder l'écran du drone, sans enregistrer, revient à traiter des données à caractère personnel. Le GDPR est donc d'application.

Il y a de fortes chances qu'au cours de votre vol, vous preniez des images de vos voisins. Par conséquent, essayez de voler aussi près que possible de la maison à inspecter afin de cartographier le moins possible la zone environnante. Gardez toutefois une distance de 3 à 4 mètres pour éviter les collisions ou les dommages.

Avez-vous cartographié vos voisins? Effacez les données après coup ou floutez les environs si vous publiez les images en ligne. Il est également recommandé d'informer les voisins que vous allez faire voler un drone.

Conseils pour le vol

Faire voler un drone semble être un jeu d'enfant, mais ce n'est pas le cas. C'est ce que confirme Michiel Naert, directeur commercial de TerraDrone Services. Il a des années d'expérience dans le pilotage de drones, en particulier pour des applications dans la construction. "Un drone n'est pas un jouet. Il est important d'apprendre à le piloter avant de commencer à faire des inspections avec", prévient M. Naert. Comment commencer? "Laissez le drone décoller doucement et rester en vol stationnaire au-dessus d'un certain endroit. Essayez de faire voler le drone le moins possible, car vous ne tarderez pas à entrer en collision avec un arbre. Surtout, laissez la caméra faire le travail en zoomant avec elle."

conseils pendant le vol

Le message est clair : il faut voler lentement. En général, Naert maintient une distance de trois à quatre mètres par rapport à l’objet à photographier. "Il est également essentiel de toujours garder le drone en vue. Si vous le perdez de vue et qu’il s’écrase, vous ne saurez pas où il est tombé. Les conséquences peuvent être graves, non seulement pour l’appareil, mais aussi pour les passants. Un drone peut être lourd et ses hélices sont très tranchantes."

M. De Roo ajoute que l'heure de la journée a également un impact important sur le résultat des mesures de la chaleur. "Il est préférable d'effectuer ces mesures très tôt le matin, lorsque la maison a une température naturelle. L'hiver est encore plus propice à ces mesures, car la différence entre les températures intérieure et extérieure est alors plus importante." Les précipitations jouent également un rôle. "Dans les mesures thermographiques, on mesure la température de surface. La pluie refroidit le toit, ce qui rend les différences de température moins visibles. C'est pourquoi il est préférable d'effectuer ces mesures par temps sec." Quant aux toitures inclinées, il faut faire attention aux reflets du soleil qui peuvent fausser l'image.

Vous souhaitez effectuer un relevé et le transformer ensuite en image 3D ou en nuage de points ? "Il faut alors prendre une centaine de photos du bâtiment. Pour obtenir un résultat fiable, un chevauchement de 75 à 80% entre deux clichés consécutifs est nécessaire", explique M. Naert. "Le logiciel analyse ensuite le décalage entre les pixels en fonction du déplacement du drone entre les prises de vue. Ces données sont converties en nuage de points, ce qui permet de générer un modèle 3D."

Beeld van een 3D-model van een gebouw

Modèle 3D d'un bâtiment (Image: TerraDrone Services)

Puntenwolk van een gebouw
Nuage de points d'un bâtiment (Image: TerraDrone Services)
2

Est-ce que je le fais moi-même?

Au final, il s’agit surtout de faire un choix pratique: réaliser soi-même l’inspection par drone ou faire appel à un spécialiste? Pour une inspection simple, avec photos et vidéos classiques, il est souvent intéressant de piloter soi-même. L’investissement reste limité — un drone de moins de 250 grammes peut suffire — et vous obtenez rapidement des images exploitables pour une première analyse ou l’établissement d’un devis. En revanche, si vous faites appel à un prestataire externe, il faut généralement compter environ 150 euros pour 20 à 30 minutes d’intervention.

La situation est différente lorsqu’il s’agit de mesures de volume, de calculs de surface ou de modélisation 3D. Ces applications exigent non seulement un drone plus performant et les certifications nécessaires, mais aussi des compétences techniques pour exploiter des logiciels spécialisés et traiter correctement les données. Michiel le confirme: "Pour mesurer des surfaces avec une précision de 2 cm, j’ai besoin de trois logiciels. Rien que pour cela, je paie déjà 350 euros par mois." Il existe bien des solutions plus abordables et accessibles, notamment pour l’établissement de devis, mais elles présentent encore certaines limites ou nécessitent un temps d’adaptation.

Logiquement, le prix de revient d'un modèle 3D est plus élevé. En général, les prix commencent à partir de 300 euros, avec des coûts supplémentaires pour des sorties supplémentaires telles qu'un aperçu dans Excel avec des surfaces ou des mètres courants. Le vol lui-même et le traitement qui s'ensuit prennent environ trois heures.

Les personnes qui souhaitent utiliser un drone à des fins professionnelles lors de l'inspection de toitures ne doivent pas se contenter de compétences en matière de pilotage. Un amateur prend des images, mais un pilote de drone formé sait comment interpréter correctement les images, limiter les risques et tenir compte des règles juridiques du jeu. Ainsi, le drone ne devient pas un jouet, mais un outil professionnel qui allie efficacité, sécurité et qualité.

En collaboration avec Rob De Roo (Hogeschool VIVES), Michiel Naert (TerraDrone Services) et An Warrens (KDS dak en gevel)

Écrit par Emma Macker24 avril 2026
Faites un essai gratuit!Devenez un abonné Premium gratuit pendant un mois et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • La lettre d'information hebdomadaire avec des conseils supplémentaires et un contenu exclusif
  • Accès complet aux archives numériques
  • Accès illimité aux 3.000 instructions de construction
  • Accès illimité aux 1.400 vidéos d’instruction
Vous êtes déjà abonné? 

Wat heb je nodig

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-la avec nous via le formulaire de rapport.

Nouvelles du rapport

Articles connexes

Le verre et le bois donnent une seconde vie durable à Ferro Offices Rotterdam

Les bureaux de Ferro, dans le quartier M4H de Rotterdam, ont connu une seconde vie grâce à une conception contextuelle du GROUPE A, avec AGC comme fournisseur de verre et Gebrs. Bos comme poseur, commandée par l'autorité du port de Rotterdam. L'enveloppe des années 1960 a été conservée pour réaliser d'importantes économies de CO₂ et de matériaux ; la nouvelle façade en bois et les sections en verre ont été conçues en fonction de l'orientation. Sur la façade sud, les fenêtres sont en retrait de 1,80 m, ce qui permet aux balcons d'offrir une protection solaire naturelle.

Le remplacement d'une lucarne nécessite une précision technique

Le remplacement d'une lucarne obsolète ne se limite pas à l'enlèvement d'une structure existante et à l'installation d'une nouvelle solution. Dans cet article, nous passons en revue les principaux points d'intérêt pour une mise en œuvre correcte.

Responsabilité en chaîne en cas d'emploi illégal

En tant qu'entreprise, vous faites appel à un (sous-)contractant qui emploie des ressortissants de pays tiers ? Dans ce cas, votre responsabilité peut être engagée si ces ressortissants de pays tiers séjournent illégalement en Belgique.

"La confiance: plus que jamais un enjeu dans le choix de l'accompagnement"

Nous avons rendu visite à Caroline Lemaitre et Filip Decruynaere, un couple de Courtrai qui a confié la rénovation de sa maison au 'RenovatieCoach' Ruben Biesbrouck (Leiedal) et à l'entrepreneur principal Vincent Bostyn.

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-la avec nous via le formulaire de rapport.

Nouvelles du rapport
Magazine imprimé

Édition Récente
01 avril 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine